L’argent afflue vers le private equity mais toujours de manière sélective et, désormais, avec méfiance envers les valorisations. Un contexte délicat notamment pour la dizaine de GPs du lower mid-cap français en quête de fonds. Tableau de toutes les levées de LBO réalisées ou en cours.
Avec déjà 327 Md€ collectés sur les trois premiers trimestres, les levées de fonds de capital-investissement resteront robustes en 2014, après les 431 Md€ atteints en 2013, pour rappel une année record depuis la crise, selon les données mondiales de Preqin. En cela, le secteur peut remercier les banques centrales qui ont
Céline Méchain, Goldman Sachs
Le buy-out en mode recyclage
Tout n’est pas si rose cependant. D’une part, l’afflux d’argent vers le private equity ne profite pas également à toutes les classes d’actifs. « Les investisseurs institutionnels recherchent en priorité des rendements réguliers,
Jean-Christel Trabarel, Jasmin Capital
Alerte sur les prix Agnès Nahum, Access Capital Partners
Cette année, un élément nouveau vient également compliquer la tâche des GPs : les valorisations. « Leur retour à des niveaux élevés constitue actuellement la principale inquiétude du marché, et elle s’accompagne de doutes sur la capacité de création de valeur », souligne Céline Méchain. De fait, en Europe les multiples flirtent avec leurs records historiques de fin 2006 (lire article ci-dessous), mais dans une conjoncture beaucoup moins porteuse qu’à l’époque. « Particulièrement visible sur les transactions de grande taille, le nouvel afflux de dette
Un mid cap proche de l’ébullition
Au vu de la nature des levées depuis le début de l'année (voir tableau CFNEWS des levées de fonds ci-dessous), le marché est emmené par les spécialistes de la dette. En tête, le paneuropéen ICG, qui a réussi à réunir 1,7 Md€ pour son nouveau fonds de dette senior primaire, dépassant de 70 % son objectif, et Euromezzanine, qui a clos son 7ème millésime à 695 M€, pour un objectif de 650 M€. Toujours aussi présent, Tikehau a pour sa part collecté 230 M€ pour un nouveau fonds de prêt senior, et le non moins actif Idinvest a lui signé le closing final de son troisième fonds de dette senior à 400 M€, et le premier closing de son deuxième fonds de mezzanine à 235 M€. Et même le first time fund de Trocadero Capital, un spécialiste de la mezzanine fondé par des anciens de Tikehau, a réussi son envol rassemblant 90 M€ pour son premier closing.
Par comparaison, les équipes en Lbo primaire ont montré peu d’activité, du moins en termes de closing. Mais les choses devraient s’accélérer prochainement. Du côté des méga-fonds, PAI Partners approcherait de l’objectif fixé à 3 Md€ pour son 6ème véhicule, et le paneuropéen Bridgepoint aurait déjà collecté 2,8 Md€ pour le premier closing de son 5ème millésime, qui vise à atteindre 3,5 Md€ minimum. Quant à LBO France, il serait toujours en quête de 1 Md€ pour son fonds White Knight IX. Mais l’animation du marché sera surtout l’affaire du lower mid-cap. Après Siparex, qui a levé 200 M€ pour les ETI en début d'année, et dans la foulée de Parquest Capital (ex-ING Parcom PE), qui a célébré sa prise d’indépendance avec un closing à 300 M€ en avril dernier, une dizaine d’équipes se feront concurrence auprès des LPs en 2015 : Omnes Capital, Abénex Capital, 21 Central Partners, LFPI Gestion, Pragma Capital - déjà fort d'un premier closing confidentiel en juillet -, Céréa Capital, BlackFin Capital Parners, LBO Partners, TCR Capital, Azulis Capital. Dans la liste figure également aujourd’hui Activa Capital, qui devrait cependant en sortir prochainement, après un premier closing en janvier dernier à 200 M€, pour un objectif à 320 M€. Enfin, on pourrait y ajouter deux experts du capital-développement également actifs dans le lower mid-cap : Pechel et Raise, sachant que ce dernier a déjà doté sa SCR de 220 M€, pour un objectif à 300 M€ - le même objectif qu’a récemment atteint Edmond de Rothschild Investment Partners pour son véhicule Winch Capital 3.
Le moindre écart se paye cher
Devant cet embarras du choix, les LPs seront d’autant plus libres de se montrer sélectifs, au risque de faire des déçus. « Entre deux gérants, la différence peut tenir à peu de choses : une ou deux lignes d’investissement qui ont mal traversé la crise peuvent suffire en effet à plomber un millésime. Or aujourd’hui, le moindre écart se paye très cher, les investisseurs institutionnels étant fortement polarisés sur les tout meilleurs GPs », explique Raoul de Vaucelles, récemment recruté comme executive director par l’agent de placement Cohen Brothers (photo ci-contre) « Quant aux moins performants, ils sont d’autant plus désavantagés qu’il leur est difficile actuellement de créer de nouvelles relations avec les LPs, surtout quand leurs LPs historiques ne réinvestissent pas dans leur nouveau véhicule », ajoute Raoul de Vaucelles, dont la structure vient d’obtenir un mandat exclusif de Capital Dynamics pour la France et d’autres pays européens.
Consolidation du lower mid
Dans ce contexte, d’aucuns doutent que le marché sera assez profond pour satisfaire tous ces acteurs du lower mid-cap, à l’instar de Jean-Christel Trabarel : « Il faut s’attendre à une consolidation du secteur, sauf à trouver d’autres alternatives, comme développer les co-investissements, faire du deal-by-deal ou s’associer à un chevalier blanc fortuné. » De fait, certains GPs se positionnent comme consolidateurs du marché. A l’instar
Benoit Bassi, Bridgepoint
Eric Neuplanche, Capital Croissance
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